Le renseignement, au service de la puissance des États
La connaissance technologique au service de la puissance militaire des États
Le renseignement au service des États
- En 1909, le Secret Intelligence Service britannique est créé et se spécialise avec un service dédié à l’espionnage extérieur (MI6) et un autre service spécialisé dans le contre-espionnage (MI5), soit la lutte contre l’espionnage étranger.
- La Central Intelligence Agency (CIA) est créée en 1947 aux États-Unis et est chargée de la collecte du renseignement à l’extérieur du territoire américain. Pour ce faire, elle est à l’origine, entre autres, de la déstabilisation des régimes communistes ou socialistes pendant la guerre froide.
- En 1952, les États-Unis créent la National Security Agency (NSA) pour analyser les données issues des technologies de l’information et garder une longueur d’avance sur tous les autres pays en matière d’information.
- Le Komitet gossoudarstvennoï bezopasnosti (KGB) est créé en 1954 par l’URSS et constitue les services de renseignement et d’espionnage soviétiques.
Pendant la guerre froide, les services secrets des blocs occidentaux et soviétiques vont se livrer à une véritable guerre dans la collecte du renseignement, parfois de manière clandestine.
- En 1946, le traité secret UKUSA, signé par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, prévoit la collaboration de ces pays dans la collecte de renseignements et la mise en place du réseau Echelon qui ne sera dévoilé qu’en 1988.
Toutefois, les révélations de lanceurs d’alerte comme Edward Snowden, ancien analyste de données pour la CIA et la NSA, interrogent sur les limites entre surveillance, ingérence et espionnage des États sur les autres États, mais aussi sur leur population.
Les enjeux géopolitiques de la circulation des connaissances, de la formation des étudiants, des transferts de technologie et de la puissance économique : l’exemple de l’Inde
L’acquisition de la connaissance : un enjeu incontournable pour devenir une puissance
- De nos jours, les États investissent massivement dans l’éducation, qui est devenue une priorité dans le cadre du développement. L’Inde connaît toutefois des disparités régionales à l’intérieur même de ses régions.
- Avant l’arrivée des Européens au XVIIe siècle, l’enseignement était réservé aux hautes castes de la société (les brahmanes). À partir de 1956, et de la création de l’État du Kerala, ce dernier investit massivement dans l’éducation afin de promouvoir le développement social.
- L’Inde représente la troisième population mondiale d’étudiants en 2020 derrière la Chine et les États-Unis avec 33 millions d’étudiants.
- L’Inde encourage d’ailleurs la mobilité internationale de ses étudiants, et a acquis depuis le début des années 2000 le statut de puissance universitaire régionale autour de pôles d’excellence que sont l’informatique, la médecine et le droit. Les étudiants indiens, qui représentent la seconde diaspora étudiante au monde derrière les étudiants chinois, contribuent aux transferts de technologie et de connaissances vers leur pays d’origine.
- Les transferts de technologie permettent à des pays et à leurs entreprises d’acquérir légalement des connaissances et des savoir-faire industriels grâce à des achats de brevets, voire à des rachats d’entreprises de pays développés dans le but de s’approprier leur technologie.
L’acquisition de technologies par un pays en développement peut également prendre la forme de l’accueil de tâches de production en sous-traitance pour le compte d’une entreprise mère. Dès lors, le sous-traitant apprend à maîtriser des technologies ou des techniques de productions plus sophistiquées.
Enfin, certaines technologies peuvent être acquises de façon illicite, notamment grâce à l’espionnage industriel, qui est utilisé par les pays en développement comme par les pays développés.
Connaissance scientifique et innovation au service de la puissance économique des États
- Pour soutenir leur puissance économique, les entreprises et les États les plus puissants se livrent à une concurrence internationale pour attirer des cerveaux venus du monde entier (brain drain).
- Si les États-Unis demeurent la destination plébiscitée par une majorité de scientifiques et de chercheurs, l’Inde connaît plus de difficultés à former ou à ramener dans son giron les scientifiques formés à l’étranger.
- L’Inde connaît toutefois quelques réussites dans le domaine scientifique. Elle devient un « hub de l’innovation frugale » en 2015 en lançant des projets de grande envergure à moindres coûts et augmente, chaque année, en parallèle, le nombre de brevets déposés de 10 % depuis 2016.
Les États-Unis restent en tête de la maîtrise du savoir dans le monde bien qu’ils soient concurrencés par quelques autres puissances sur certains domaines (robotique au Japon ou produits de luxe en France). Face aux pays développés, seules quatre puissances émergentes (Inde, Chine, Russie et Brésil) s’affirment comme des puissances scientifiques de rang mondial.